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Le centralisme audiovisuel en France

Films en Bretagne édite des dossiers thématiques à destination des professionnels et des institutions de son réseau national, généralement au rythme d'une publication par an. Déjà parus : la Photographie de l’activité audiovisuelle et cinématographique en Bretagne et Le Centralisme audiovisuel en France (en 2009) et Désir manifeste en 2010.

Les années 80 et les lois Defferre ont amorcé un mouvement décentralisateur en France. Dans le cinéma et l’audiovisuel, cela s’est traduit dans les années 90 par la création et la montée en puissance de fonds d’aide régionaux et départementaux, de bureaux d’accueil des tournages, l’éclosion pléthorique de télévisions locales, la création de dizaines de structures de production en région. Où en est ce mouvement ? Qu’a-t-il changé ? L’objectif de ce dossier est d’essayer de faire le point sur ces questions, d’évaluer les acquis et les blocages. Et d’estimer le chemin qui reste à parcourir. Nous avons rassemblé des chiffres, interrogé des acteurs et des observateurs. Notre secteur d’activité reste un des plus centralisés. 80 % de la production audiovisuelle, plus de 90 % de la production cinématographique, tous les centres de décision, l’ensemble des directions des télés nationales et des institutions de tutelles, (CNC, INA…) restent solidement implantés sur quelques hectares de macadam parisien. Comment fait-on pour vivre en région et travailler dans un secteur d’activité si concentré ? Que l’on soit comédien, réalisateur, producteur ou technicien, que l’on travaille dans la fiction ou dans le documentaire, les contraintes et les réponses sont différentes. On verra que l’on ne se débrouille pas si mal, que les nouvelles technologies ont profondément modifié nos usages et nos rapports à la Capitale. Pour en parler, nous avons collecté des témoignages en sortant de nos frontières bretonnes, en donnant la parole à nos collègues d’Aquitaine, d’Alsace, de Normandie. Car les problématiques se ressemblent que l’on soit au nord, au sud ou à l’ouest du pays. Et si l’on veut que le mouvement décentralisateur se poursuive, il faudra tous pousser énergiquement dans la même direction. Car, quand on laisse faire, le naturel revient au galop. Le phénomène centralisateur a une dimension purement physique : un effet de masse, d’attirance, qui induit mécaniquement des forces centripètes. Le centralisme en France reste un sujet sensible, certains diront tabou. Un peu comme un nez (trop grand) au milieu du visage. Une évidence avec laquelle on vit tous les jours, mais dont on évite de parler. Plusieurs de nos interlocuteurs ont souhaité garder l’anonymat au prétexte de ne pas vouloir se « griller », se mettre mal avec « leur Direction ». Aujourd’hui, officiellement, tout le monde est pour la décentralisation. Personne n’ose revendiquer la recentralisation. Mais n’est-elle pas à l’oeuvre quand on préconise la « verticalisation » ou « l’harmonisation », comme dans la télévision de service public ? Loin de faire le tour de la question, ce dossier, en un premier survol, jette quelques bases pour lancer le débat.

Philippe Baron
Rédacteur en chef

 

Photographie de l'activité en BretagneFichier
Centralisme audiovisuel en FranceFichier
Désir manifesteFichier
Pourquoi tu m'aides ? Cinéma, audiovisuel, nouvelles images : présentation critique pour réinventer les aides publiques territoriales en faveur de la créationFichier